- C'est bien le problème, elle ne fait rien, elle broie du noir. Je me suis mal exprimé, au moins broyer du noir ça serait agir. Elle est apathique, c'est ça le mot que je cherchais. Elle n'est pas la première à passer par là, mais elle ne s'en remet pas. J'ai patienté. J'ai guetté une amélioration, mais ça ne s'arrange pas.
Jamais je n'ai eu l'impression d'être aussi inutile, j'étais paumé. La première semaine, j'ai eu peur de devoir l'hospitaliser. Elle refusait de s'alimenter et de boire, elle était prostrée. Elle est retournée au lycée et au travail; elle mangeait, dormait, faisait ses devoirs. Elle répondait quand on lui posait une question. N'empêche, elle était... vide. Ses yeux étaient morts. Il y avait aussi certains indices. Elle n'écoutait plus de musique, elle ne lisait plus. Elle quittait la pièce quand la télé était allumée. J'ai fini par comprendre... Elle évitait tout ce qui était susceptible de raviver le souvenir de... son souvenir... Nous pouvions à peine échanger quelques mots. J'avais peur de lâcher une parole malheureuse - elle réagissait à la moindre broutille - , et elle n'entamait pas la conversation, se bornant à réagir si je l'interrogeais. Elle passait son temps seule, elle ne rappelait pas ses amis...
Je l'entends encore hurler dans son sommeil.
Je doute d'avoir saisi l'ampleur de son chagrin. Tant de souffrance, ce n'est pas normal... Ça me fait peur.
J'ignore si elle s'en remettra un jour. Peut-être qu'il n'est pas dans sa nature de guérir d'une telle blessure. Elle a toujours été tellement constante. Elle n'est pas du genre à oublier ni à changer d'avis.
Jamais je n'ai eu l'impression d'être aussi inutile, j'étais paumé. La première semaine, j'ai eu peur de devoir l'hospitaliser. Elle refusait de s'alimenter et de boire, elle était prostrée. Elle est retournée au lycée et au travail; elle mangeait, dormait, faisait ses devoirs. Elle répondait quand on lui posait une question. N'empêche, elle était... vide. Ses yeux étaient morts. Il y avait aussi certains indices. Elle n'écoutait plus de musique, elle ne lisait plus. Elle quittait la pièce quand la télé était allumée. J'ai fini par comprendre... Elle évitait tout ce qui était susceptible de raviver le souvenir de... son souvenir... Nous pouvions à peine échanger quelques mots. J'avais peur de lâcher une parole malheureuse - elle réagissait à la moindre broutille - , et elle n'entamait pas la conversation, se bornant à réagir si je l'interrogeais. Elle passait son temps seule, elle ne rappelait pas ses amis...
Je l'entends encore hurler dans son sommeil.
Je doute d'avoir saisi l'ampleur de son chagrin. Tant de souffrance, ce n'est pas normal... Ça me fait peur.
J'ignore si elle s'en remettra un jour. Peut-être qu'il n'est pas dans sa nature de guérir d'une telle blessure. Elle a toujours été tellement constante. Elle n'est pas du genre à oublier ni à changer d'avis.
Stephenie Meyer